lundi 6 mai 2013

Groupe de travail sur l’Examen périodique universel - Conseil des droits de l’homme


Rapport national présenté conformément au paragraphe 5 de l’annexe à la résolution 16/21 du Conseil des droits de l’homme , à Genève, 15e session, janv-fév 2013.

[...]

49. Le Bureau européen des droits de l’homme de l’Église de scientologie (EOHRCS), la Coordination des associations et des particuliers pour la liberté de conscience (CAP) et le Centre d’information et de conseil des nouvelles spiritualités (CICNS) constatent avec préoccupation que la France continue de suivre une politique répressive envers les religions ou les croyances minoritaires et les nouveaux mouvements religieux, malgré les recommandations qui lui ont été faites lors du premier EPU. Ces organisations décrient le rôle joué par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). Le CICNS considère que la Miviludes et les autorités publiques continuent à utiliser la notion de «dérive sectaire» à l’aune d’une liste floue et ambiguë de comportements, ce qui leur permet de coller arbitrairement l’étiquette «sectaire» sur n’importe quelle minorité spirituelle, éducative ou thérapeutique.

50. Le CICNS recommande que la France mette fin à la propagande qui ostracise les minorités spirituelles, éducatives ou thérapeutiques pour examiner toute éventuelle dérive au sein de ces minorités sur la base d’éléments concrets et de faits tenus pour exacts sanctionnés par le droit pénal, et crée un observatoire de ces minorités qui soit indépendant et compétent. 

mardi 30 avril 2013

Le nouveau feuilleton de la Miviludes...

Année 2013, pays des Droits de l'Homme, un constat à faire dresser les cheveux sur la tête vu par le CICNS :

Le retour de la menace tentaculaire ; épisode 9 du feuilleton de la MIVILUDES

Avec neuf rapports annuels et sept guides, la MIVILUDES a réussi à faire croire que la France est envahie de « sectes », gangrenée par la dérive sectaire et les méfaits des « gourous ». Selon elle, aucun domaine n’en réchappe : santé, mineurs, entreprise, formation professionnelle et, dans ce dernier opus, les personnes âgées. Comme d'habitude, aucune étude et aucun chiffre ne sont fournis pour étayer cette menace tentaculaire, puisqu'il existerait des « difficultés » qui auraient pour effet un « manque de connaissances sur l’action des mouvements sectaires ». 

Serge Blisko, président de la MIVILUDES : « On appâte une personne, le plus souvent à un moment critique de sa  vie (rupture familiale, deuil, maladie grave, perte d’emploi...), on l’amène peu à peu par d’insidieuses manœuvres psychologiques, accompagnées parfois de pressions physiques, à perdre son autonomie et son libre-arbitre ». Voilà ce que nos experts es-sectes ont découvert du sort de 500 000 de nos concitoyens appartenant à des mouvements alternatifs à vocation spirituelle, éducative ou thérapeutique, c’est-à-dire les « sectes », selon la MIVILUDES. 

Si l’on en croit ces rapports et guides, à cause des sectes, tous les français (personne n’a été jugé assez fort pour prétendre y résister) sont en danger de perdre leur libre arbitre, leurs économies, leurs proches, leur santé, enfin tout.
  
Qui peut accorder crédit à un tel discours ? Véritablement, qui peut y croire et pourquoi ? Car c’est bien de croyance qu’il s’agit, si ce n’est de se moquer du monde. Dans les faits, la question des « dérives sectaires » est un « non problème ». Elle n’existe pas en terme de fléau social : les délits qui peuvent survenir doivent être traités au cas par cas et dans le cadre de la loi ; ils ne sont pas plus nombreux que dans d’autres domaines de la société (probablement moins) et ne sont pas de nature différente. La lutte contre les « dérives sectaires » n’est qu’une stratégie permettant à l’État d’ostraciser une partie de la population en la déclarant « victime » ou même seulement « victime potentielle » de « manipulation mentale ». Cette mascarade qui vise à infantiliser toute une population est-elle une erreur de parcours ou une œuvre patiente visant à limiter les libertés fondamentales ? 

Après le rapport du Sénat et les auditions de la commission d’enquête sur l'influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé, que nous avons commentés en détail (ici), il y a comme une overdose de rhétorique antisectes. 

Contact : Service Presse du CICNS - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net   Tous les communiqués de Presse du CICNS

jeudi 25 avril 2013

Rapport de l'audition d'Eric Roux, porte parole - Eglise de Scientologie, au Sénat

Pour ceux qui étaient intéressés, voici le compte-rendu de mon audition devant la commission d'enquête sénatoriale tel qu'il a été publié par ladite commission.

(Si vous voulez voir la vidéo de l'audition sur le site du Sénat, cliquez ici :
http://videos.senat.fr/video/videos/2013/video17518.html)

[...]
M. Eric Roux. – Mon exposé introductif durera à peu-près 12-13 minutes, puis je me prêterai volontiers à vos questions.

Par mon profond respect pour le Sénat, ainsi que pour votre fonction, je suis venu, comme vous me l’avez demandé, témoigner sous serment devant votre commission d’enquête, afin de pouvoir vous éclairer sur les points qui vous intéressent. Ce sera, je l’espère, l’occasion de corriger de nombreux préjugés qui circulent dans notre pays concernant la Scientologie.
Vous avez compris mon profond désaccord avec le fait que malgré mon insistance pour que cette audition soit ouverte au public et la presse, afin que les Français puissent partager les échanges qui s’y dérouleront dans la plus grande transparence, vous avez choisi d’imposer l’obscurité en fermant cette audition au public et à la presse.

C’est contraire à la règle depuis la loi n° 91-698 du 20 juillet 1991 et à la coutume qui s’est instaurée de donner « la publicité la plus large possible aux débats ». C’est aussi contraire aux nombreuses auditions qui se sont déjà déroulées devant votre commission auparavant. La publicité des auditions participe du débat démocratique, et je ne vois pas pourquoi la presse et les Français ne pourraient pas être au courant de ce qui se dit lors de mon audition, dans le cadre d’une commission d’enquête qui, d’après vous, concerne tous les Français.

Cela m’a conduit à m’interroger sur les raisons qui incitent votre commission à soumettre le témoignage de l’Eglise de Scientologie au secret ou à une publicité « éventuelle » par vidéo. J’ai constaté par ailleurs que lorsque vous interrogez un apostat de l’Eglise, exclu depuis trente ans et connu pour être un détracteur obsessionnel de la Scientologie, son audition est ouverte à la presse et au public. De même, lorsque vous interrogez Serge Blisko, Georges Fenech, le CCMM, l’Unadfi, Catherine Picard, etc., les auditions sont ouvertes à la presse et au public, en plus d’être filmées et diffusées sur le site du Sénat.

Il y a donc, de facto, une différence de traitement entre l’Eglise de Scientologie et ses détracteurs.

Vous l’avez compris, je n’approuve pas un tel manque de transparence, une telle discrimination dans le traitement des personnes auditionnées, un tel arbitraire à l’opposé de tout ce qui fait notre démocratie.

La Scientologie est une religion, reconnue comme telle en Europe et dans les pays qui ont un système de reconnaissance légale des religions, et cette religion existe en France depuis plus de cinquante ans. Elle compte des dizaines de milliers de fidèles et de sympathisants dans l’hexagone, pour plusieurs millions dans le monde.

Votre courriel initial de convocation mentionnait la volonté que l’audition d’un « responsable de l’Eglise de Scientologie » par les sénateurs, porte « essentiellement sur les conceptions de la santé et de la médecine défendues par les Scientologues ». Or, l’Eglise ne défend aucune conception de la santé qui empièterait sur le domaine médical, ni ne prend aucune position concernant ce qui est médical ou de l’ordre de la médecine. L’Eglise dispense un enseignement et des services religieux et uniquement religieux. Elle aide les personnes qui le souhaitent en créant un espace de liberté spirituelle au sein de ses églises.
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Pour lire toute l'audition, cliquez.