mardi 1 septembre 2026

Les écoles Steiner-Waldorf : prochaine cible de la MIviludes

Écoles Steiner-Waldorf : quand la justice freine les effets administratifs du soupçon sectaire

Deux décisions rendues en juillet 2026 ont sanctionné des mesures visant des structures Steiner-Waldorf. Leur portée dépasse le droit scolaire : elles interrogent les conséquences administratives d’une suspicion nourrie par l’origine anthroposophique de cette pédagogie.

Les écoles Steiner-Waldorf ne sont plus seulement contrôlées comme des établissements scolaires. Leur filiation avec l’anthroposophie les place depuis plusieurs années dans le champ de surveillance de la MIVILUDES et des associations de lutte contre les dérives sectaires. Deux décisions rendues en juillet 2026 montrent cependant les limites juridiques de cette vigilance lorsqu’elle conduit les pouvoirs publics à étendre une mesure au-delà des faits précisément constatés.

Fondée au début du XXe siècle par Rudolf Steiner, l’anthroposophie est une conception spirituelle de l’être humain et du monde qui intègre notamment des références au christianisme, au karma et à la réincarnation. Elle a inspiré différents domaines, parmi lesquels l’agriculture biodynamique, la médecine anthroposophique et la pédagogie Steiner-Waldorf.

C’est précisément cette origine spirituelle qui distingue, aux yeux du milieu antisectes, les écoles Steiner-Waldorf d’autres pédagogies alternatives.

Le rapport d’activité 2022-2024 de la MIVILUDES a renforcé cette pression. La Mission y évoque des interrogations relatives à la sécurité, au respect du socle commun, à la vaccination et à l’information des parents sur les « références doctrinales » et « l’éveil spirituel ». Ces préoccupations ont été reprises dans un rapport sénatorial publié le 7 juillet 2026, qui consacre un développement détaillé à la doctrine anthroposophique avant d’énumérer les problèmes attribués à certaines écoles.

Le même rapport préconise de former davantage les inspecteurs de l’Éducation nationale à une « culture MIVILUDES » et de systématiser la transmission des rapports d’inspection lorsqu’un établissement fait l’objet d’un signalement pour dérive sectaire. Le contrôle pédagogique tend ainsi à être associé à une grille de lecture antisectes.

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Le sujet des sectes marche à tous les cas

« Cult wars » : comment la guerre contre les « sectes » a façonné la recherche

Les controverses sur les « sectes » n’ont pas seulement opposé des mouvements religieux, des familles, des associations, des journalistes et des responsables politiques. Elles ont également traversé le monde universitaire, influencé ses recherches et parfois transformé les chercheurs eux-mêmes en protagonistes. C’est le grand mérite de l’article de Dominic LeRouzès, « Études des NMR sur fond des cult wars », publié le 13 août 2026 dans la revue à comité de lecture Studies in Religion / Sciences Religieuses, chez SAGE : montrer que la production scientifique sur les nouveaux mouvements religieux ne peut être séparée du climat de confrontation dans lequel elle s’est développée.

 

L’expression cult wars désigne la période allant du début des années 1970 à la fin des années 1990, principalement aux États-Unis et en Europe occidentale. Les nouveaux mouvements religieux, souvent composés de jeunes convertis, étaient alors présentés comme une menace nouvelle. Des associations antisectes se sont constituées, les récits de familles ont occupé les médias et le « lavage de cerveau » est devenu l’explication presque automatique de conversions jugées incompréhensibles. En réponse, des sociologues ont mené des enquêtes de terrain et contesté des descriptions qui réunissaient sous une même étiquette des groupes aux croyances et aux fonctionnements très différents.

Le cœur intellectuel de l’article se trouve dans son examen du brainwashing. LeRouzès ne se contente pas d’opposer les défenseurs des « sectes » à leurs adversaires. Il restitue un véritable débat scientifique. Margaret Singer transpose aux mouvements religieux des modèles initialement élaborés à partir de prisonniers soumis à des conditions extrêmes. Eileen Barker confronte cette thèse aux résultats de son enquête sur l’Église de l’Unification : la très grande majorité des personnes approchées ne rejoignent pas le mouvement ou le quittent rapidement. Benjamin Zablocki tente, de son côté, de construire une théorie moins absolue, dans laquelle le contrôle ne détruit pas le libre arbitre, mais augmente le coût de la désobéissance et du départ.

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On en parle beaucoup mais c'est quoi la Scientology ?

La Scientology (ou Scientologie parfois en français) est une religion née aux États-Unis au milieu du XXe siècle.

Elle enseigne que l’être humain est un être spirituel immortel, fondamentalement bon, mais dont la véritable nature et les capacités ont été obscurcies au cours de son existence. Elle se définit elle-même comme une philosophie religieuse appliquée. Son chemin religieux vise à aider chacun à retrouver sa liberté spirituelle, à mieux comprendre sa relation avec les autres et à progresser vers une connaissance plus profonde de l’existence et de l’infini.

 

La Scientology a été fondée par L. Ron Hubbard, né aux États-Unis en 1911. Son développement commence avec la publication, en 1950, de La Dianétique : la puissance de la pensée sur le corps. La Dianétique s’intéresse d’abord au mental humain et aux effets que les expériences douloureuses peuvent continuer d’exercer sur une personne. En poursuivant ses recherches, L. Ron Hubbard en vient à considérer que l’être humain ne se réduit ni à son corps ni à son mental. Il est avant tout un être spirituel. Cette dimension nouvelle donne naissance à la Scientology. La première Église de Scientology est fondée à Los Angeles en 1954.

Un mot essentiel pour comprendre la Scientology est celui de thétan. Le thétan est l’être spirituel lui-même. Selon cette religion, une personne ne possède pas simplement une âme : elle est un être spirituel qui possède un mental et qui habite un corps. Le thétan est immortel. Il a vécu avant la naissance du corps actuel et il continuera d’exister après sa mort.

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