mardi 20 octobre 2026

Qui est Shincheonji ? 2e article

En effet, comme l'écrit Massimo Introvigne dans une série de 4 articles "Derrière le bruit médiatique : regards sur Shincheonji en France", voici le deuxième article : 

La communauté organise des événements sportifs et culturels, des études collectives, ainsi que des interactions structurées avec des pasteurs d’autres églises. Ils sont étonnamment "normaux".

 

Shincheonji est souvent décrite de l’extérieur à travers le prisme de la controverse. Ceux qui prennent le temps d’observer son quotidien en France découvrent quelque chose de différent. Le mouvement a développé un réseau dense d’activités qui vont bien au-delà de l’évangélisation. Ces activités incluent des événements sportifs, des événements culturels, des études collectives et des dialogues structurés avec des pasteurs d’autres églises. Ils créent une communauté à la fois disciplinée et dynamique, où les membres investissent beaucoup de temps et d’énergie. Les entretiens que j’ai menés en France révèlent un monde rarement pris en compte dans les récits médiatiques. C’est un univers où l’on étudie la Bible avec intensité, cultive des amitiés et participe à des activités qui renforcent le sentiment d’appartenance.
 
[...]  Les activités de l’organisation en France incluent des événements sportifs qui rassemblent un grand nombre de fidèles. Ces événements ne sont pas secondaires. Ils font partie de la culture de l’organisation. Une interviewée, C., a décrit une journée sportive où tous les membres de la congrégation se sont réunis pour jouer au basket, au football, au volley-ball, au badminton et pour danser. Elle a expliqué que ces événements visent à promouvoir la santé et à renforcer les liens entre les fidèles.  

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Qui est Shincheonji ?

En effet, comme l'écrit Massimo Introvigne dans une série de 4 articles " Derrière le bruit médiatique : regards sur Shincheonji en France", voici le premier article : 

 1. Une église coréenne dans un pays sécularisé

La mission française du mouvement a commencé en 2016 et s’est développée rapidement. La majorité des convertis sont d’origine africaine. 

  

Shincheonji est un nouveau mouvement religieux chrétien coréen auquel je consacre une attention considérable depuis plus de 10 ans. J’ai interviewé à plusieurs reprises son fondateur et dirigeant, le président Lee Man-hee. Il aura 95 ans en septembre et reste remarquablement actif. J’ai également écrit les premiers articles universitaires sur Shincheonji dans des langues autres que le coréen et en tant que chercheur non coréen. 
 
Cérémonie de fin d’études de l’Académie biblique de la branche française. 
 
[...]  Cette analyse prend une importance particulière à un moment où Shincheonji est attaquée par la mission gouvernementale française de lutte contre les dérives sectaires, la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), ainsi que par des journalistes spécialisés dans les campagnes antisectes, notamment Étienne Jacob du « Figaro » . Une grande partie des accusations provient de pasteurs protestants coréens qui considèrent Shincheonji comme un concurrent et voyagent à l’international pour mettre en garde contre elle. Leurs affirmations sont reprises par des journalistes et des militants comprenant souvent mal le contexte coréen. Ils diffusent également des allégations qui peuvent être vérifiées et qui s’avèrent inexactes. Un exemple est l’affirmation selon laquelle Shincheonji aurait violé les lois liées à la COVID-19, ce qui a été démenti par trois niveaux de juridictions coréennes jusqu’à la Cour suprême. 

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mardi 15 septembre 2026

Les attaques contre les nouveaux mouvements religieux (NRM) ont influencé les universitaires

L'article suivant de Dominic LeRouzès nous explique "Comment la guerre contre les sectes a façonné la recherche". 

Les controverses sur les « sectes » n’ont pas seulement opposé des mouvements religieux, des familles, des associations, des journalistes et des responsables politiques. Elles ont également traversé le monde universitaire, influencé ses recherches et parfois transformé les chercheurs eux-mêmes en protagonistes. C’est le grand mérite de l’article de Dominic LeRouzès, « Études des NMR sur fond des cult wars », publié le 13 août 2026 dans la revue à comité de lecture Studies in Religion / Sciences Religieuses, chez SAGE : montrer que la production scientifique sur les nouveaux mouvements religieux ne peut être séparée du climat de confrontation dans lequel elle s’est développée.

L’expression cult wars désigne la période allant du début des années 1970 à la fin des années 1990, principalement aux États-Unis et en Europe occidentale. Les nouveaux mouvements religieux, souvent composés de jeunes convertis, étaient alors présentés comme une menace nouvelle. Des associations antisectes se sont constituées, les récits de familles ont occupé les médias et le « lavage de cerveau » est devenu l’explication presque automatique de conversions jugées incompréhensibles. En réponse, des sociologues ont mené des enquêtes de terrain et contesté des descriptions qui réunissaient sous une même étiquette des groupes aux croyances et aux fonctionnements très différents.

Le cœur intellectuel de l’article se trouve dans son examen du brainwashing. LeRouzès ne se contente pas d’opposer les défenseurs des « sectes » à leurs adversaires. Il restitue un véritable débat scientifique. Margaret Singer transpose aux mouvements religieux des modèles initialement élaborés à partir de prisonniers soumis à des conditions extrêmes. Eileen Barker confronte cette thèse aux résultats de son enquête sur l’Église de l’Unification : la très grande majorité des personnes approchées ne rejoignent pas le mouvement ou le quittent rapidement. Benjamin Zablocki tente, de son côté, de construire une théorie moins absolue, dans laquelle le contrôle ne détruit pas le libre arbitre, mais augmente le coût de la désobéissance et du départ.

Le rejet des thèses de Margaret Singer ne s’est d’ailleurs pas limité à une controverse entre chercheurs. En 1987, l’American Psychological Association a refusé d’adopter le rapport du groupe de travail qu’elle présidait sur les méthodes de persuasion et de contrôle. Dans son mémorandum, l’APA estimait que le document ne présentait ni la rigueur scientifique ni l’approche critique équilibrée nécessaires pour recevoir son approbation. Elle demandait même à ses auteurs de ne pas laisser entendre que leurs conclusions bénéficiaient de son soutien. Les tribunaux américains en ont ensuite tiré des conséquences très concrètes. En 1988, dans l’affaire Kropinski, une cour fédérale a constaté que la théorie de Singer sur une réforme de la pensée obtenue sans contrainte physique n’avait pas démontré qu’elle disposait d’un soutien significatif dans la communauté scientifique. Deux ans plus tard, dans United States v. Fishman, un tribunal fédéral a exclu les témoignages de Singer et de Richard Ofshe sur ce fondement, jugeant leurs théories insuffisamment reconnues et méthodologiquement contestées. L’American Sociological Association ne leur a pas davantage accordé son approbation. Le modèle de Singer n’est donc pas simplement resté minoritaire : il n’a pas réussi à établir la validité scientifique nécessaire pour être présenté devant les tribunaux comme une expertise démontrant la suppression du libre arbitre.

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