Une mère peut ne pas être d'accord avec le chemin que suit sa fille dans le domaine religieux, mais de là à en diaboliser tout le mouvement, qui n'est autre que celui des Témoins de Jéhovah, cela devient de la paranoïa.
L'article suivant illustre l'histoire de ce désaccord dont les limites ont dépassé l'entendement.
Quand les « dérives anti-sectaires » entrent en collision avec les droits humains par Willy Fautré, directeur de Human Rights Without Frontiers
HRWF (10.04.2026) - En ce début du mois d’avril, divers acteurs ont publiquement
manifesté, en toute impunité, leur vive opposition à la liberté de culte
et de réunion des Témoins de Jéhovah voulant publiquement commémorer
dans diverses villes de France leur annuel “Mémorial de la mort de
Jésus,” qui correspond à la fête de Pâques chez les catholiques.
Il s’agit là d’une forme d’expression publique tolérée d’une
haine antireligieuse spécifique. Cela existe dans d’autres pays peu ou
pas démocratiques comme au Pakistan où les Ahmadis sont victimes
d’extrémistes musulmans en toute impunité mais cela ne devrait pas être
toléré en France, ‘le berceau des droits de l’homme.’
La liberté de pensée et d’opinion a droit de cité en France et
quiconque a le droit de ne pas aimer les religions ou certaines
religions mais dans le respect des droits humains. La liberté de culte
et de réunion sont deux piliers de la démocratie, et donc également de
la République française laïque.
Les élus de la ville du Havre
Le 2 avril, les Témoins de Jéhovah ont réservé une salle au
Théâtre Le Normandy au Havre, rouvert le 28 novembre 2025 après 35 ans
de fermeture.
Il s’agit de la ville du maire Edouard Philippe (2010-2017 et
depuis 2020) qui fut le premier ministre du Président Macron de mai 2017
à juillet 2020 et brigue le poste de Président en 2027.
Trois élus du parti socialiste au conseil municipal ont publiquement manifesté “leur violente opposition à cette cérémonie dans un lieu ayant reçu des subventions publiques”, selon un journal de la région.
Leur position est fondée selon eux sur l’opinion de la MIVILUDES,
l’agence gouvernementale en charge de la lutte contre les “dérives
sectaires” qui catalogue les Témoins de Jéhovah comme une communauté à
risques dans ce domaine.
Parmi eux, Theo Fortin, le chef du parti socialiste de la ville, a
déclaré au même journal “on serait heureux d’apprendre que c’est
annulé.”
Il faut noter que le théâtre loué appartient à un organisme
privé, pas à un organisme public, et a donc le droit de conclure des
contrats de location sans devoir requérir l’autorisation préalable d’une
autorité publique.
Acteurs ouvertement hostiles aux Témoins de Jéhovah à Dunquerke
A Dunkerque, les Témoins de Jéhovah ont organisé leur assemblée dans le Palais des Congrès.
Charline Delporte, présidente (retraitée) des deux associations –
ADFI et CAFFES – hostiles à certains mouvements religieux, et plus
particulièrement aux Témoins de Jéhovah, est vite montée au créneau. La
raison de son hostilité est que sa fille avait décidé de les rejoindre
il y a pas mal d’années et d’y rester malgré l’opposition de sa mère.
A son instigation, le CAFFES a rapidement contacté la Communauté
urbaine de Dunkerque pour demander l’annulation de cet événement. Il
soulignait que selon la convention, l’événement devait rester privé et
ne faire l’objet d’aucune publicité. Et il ajoutait que l’association
n’aurait pas respecté cette clause ces deux dernières années.
La demande obstinée de cette annulation de pouvoir exercer la
liberté de culte et d’assemblée à Dunkerque n’a pas été suivie d’effets
immédiats. Toutefois, la Communauté urbaine a annoncé qu’elle
n’accorderait plus à l’avenir cette location aux Témoins de Jéhovah (Le Kursaal n’accueillera plus les Témoins de Jéhovah,
Nord Eclair). Il faut toutefois noter que, comme les années
précédentes, il n’y a aucune plainte d’aucune sorte à l’encontre de
l’association locale des Témoins de Jéhovah à l’occasion de leur
assemblée religieuse.
L’intimidation aura donc malgré tout payé à terme mais la
communauté internationale ne manquera pas de s’étonner du silence des
autorités françaises, de la cécité volontaire et de l’inaction des
diverses autorités françaises face à de l’hostilité antireligieuse.
En 2023, le CAFFES a reçu 150 000 EUR de subventions publiques,
soit 90% de son budget, dans le cadre d’un appel à projets de la
MIVILUDES, pour exercer ses activités de “protecteur des consommateurs
de croyances.”
Il faut noter que le CAFFES est sous surveillance de la Cour des
Comptes. Des plaintes ont également été déposées concernant
l’utilisation de subventions publiques mais à ce stade le CAFFES reste
sous statut de présomption d’innocence.
L’objectif de la stigmatisation répétée des Témoins de Jéhovah
avec l’aide de certains médias en quête de sensationnalisme est de les
rendre “indésirables” aux yeux de l’opinion publique et des décideurs
politiques.
Hors de France, on ne comprend pas pourquoi la Légion d’Honneur a
été attribuée (en 2011) à une personne pour son combat de plusieurs
décennies contre les Témoins de Jéhovah pour des raisons familiales
personnelles: le choix de sa fille (adulte) de rejoindre cette
communauté religieuse contre l’avis de sa mère.
Faire du prosélytisme ou partager sa foi?
La raison invoquée pour annoncer l’interdiction de location de
salle en 2027 est d’éviter le “prosélytisme,” à savoir le droit de
partager sa foi et ses idées religieuses. Ce droit est devenu sacré
depuis le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme à
Strasbourg dans l’affaire Kokkinakis c. Grèce le 25 mai 1993. Il a ensuite été très souvent confirmé dans bien d’autres jugements à Strasbourg.
Il convient de noter que la France a ‘pollué’ la signification de
l’expression “faire du prosélytisme” en lui attribuant une connotation
négative. En droit européen, il signifie tout simplement et de façon
neutre “partager ses convictions religieuses” au même titre que partager
ses convictions politiques, syndicales ou philosophiques et donc faire
de nouveaux membres.
Conclusion
Des médias dans les régions du Havre et de Dunkerque, dont
certains mentionnés ci-dessus, ont surtout répercuté les vives
oppositions à la commémoration de l’équivalent de la fête de Pâques
célébrée par les Témoins de Jéhovah mais également de fausses graves
accusations. Aucun de ces médias n’a pris la peine de traiter la
question du point de vue neutre de la liberté de croyance, de culte et
d’assemblée.
Aucun média national ne semble être tombé dans ce genre de travers.