vendredi 29 mai 2026

Comment un documentaire peut déformer la réalité d'une situation

 

Le rôle étrange mais important d'une figure obscure dans l'incitation à la poursuite de Bivolaru et MISA en France.

par  et Rosita Šorytė  traducteur automatique 

Une brève mais percutante apparition dans la série « Twisted Yoga » est de Hugues Gascan, le fondateur obscur d’une petite organisation anti-culte française appelée GéPS (Groupe d’étude du phénomène sectaire, Groupe d’étude du Phénomène culte). L’histoire, telle qu’il la raconte dans le documentaire, est que Gascan "avait été impliqué dans la lutte contre ce type de mouvement et de cultes pendant de nombreuses années. C’est ainsi que j’ai commencé à m’intéresser à MISA. Je voulais comprendre le modus operandi, ce qui se passait avec MISA en France. Et j’ai commencé à lire et à enquêter lentement." "J’ai mis quelques mots-clés sur mon ordinateur: Paris, Roumanie, Guru, Cult. Et j’ai rapidement trouvé cet article dans les journaux australiens", le guidant vers Ashley, l’une des "victimes" que nous rencontrerons dans le prochain article de cette série. "J'ai donc été en contact avec Ashley et j'ai transmis ce témoignage au département de police chargé de ce qui se passe en termes de sectes en France", rapporte Gascan. C’est ainsi que commença l’enquête française. Il le prétend. 

Hughes Gascan. Screenshot.

Quiconque a regardé la récente vague de séries télévisées vraies – de crime-esprit‐panique reconnaîtra la formule: un sinistre «culte», un enquêteur héroïque, une chasse à bout de souffle au-delà des frontières et une révélation finale qui relie tout avec la propreté d’un storyboard Netflix. Mais la réalité, comme d'habitude, est plus désordonnée, étrangère et beaucoup moins obéissante à la structure narrative.

Avant novembre 2023, le GPS était si obscur que même les observateurs chevronnés de la scène anti-secte française auraient eu du mal à l'identifier. Pourtant, ses racines remontent à plus d'une décennie, à un laboratoire de recherche à Angers et à un scientifique dont la vie professionnelle a pris un tournant qu'aucun scénariste n'aurait pu tracer avec un visage droit.

Gascan était, selon tous les récits, un chercheur en médecine respecté à l’Université d’Angers, publiant dans des revues à comité de lecture et collaborant avec des collègues tels que P.J., une femme scientifique. Puis est venue une rupture – en partie à propos des thérapies alternatives contre le cancer, en partie à propos des personnalités, et en partie à propos de quelque chose de plus nébuleux. Gascan devint convaincu que P.J. était tombé sous l’influence d’une « secte » appelée Omalpha, dirigée par le professeur tantrique canadien Jean Bouchart d’Orval. Il est allé plus loin, affirmant que Bouchart d’Orval était empêtré avec Ashram Shambhala, un mouvement russe tentaculaire dont le fondateur, Konstantin Rudnev, avait été condamné en 2013 à Novossibirsk à onze ans de prison pour avoir dirigé une « secte » et abusé sexuellement des adeptes. Après l’emprisonnement de Rudnev, le mouvement s’est divisé en dizaines de rejetons indépendants – certains le dénonçant comme un gourou déchu, d’autres insistant sur le fait qu’il était un dissident politique chargé de preuves fabriquées de toutes pièces et puni pour avoir critiqué le régime Poutine. Pour des raisons expliquées ailleurs, cette dernière interprétation n'est pas aussi invraisemblable qu'elle peut paraître.  [...]

 

 [...]  Malgré l'opposition en France et à l'étranger, l'amendement a finalement été adopté en 2024, donnant à la France l'une des définitions juridiques les plus expansives de l'influence psychologique en Europe. On n’a pas besoin de se livrer à des théories du complot pour remarquer que les arrestations spectaculaires ont eu lieu quelques jours seulement avant le débat parlementaire sur la nouvelle loi anti-secte. Alors que les législateurs se préparaient à décider s’il fallait faciliter la poursuite des « sectes » pour « lavage de cerveau », un groupe accusé d’enlèvement et de viol de femmes a soudainement dominé les gros titres. Seul un croyant pieux à la coïncidence ne parviendrait pas à lever un sourcil.  [...]

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lundi 20 avril 2026

Les dérives d'une mère contre les croyances de sa fille

Une mère peut ne pas être d'accord avec le chemin que suit sa fille dans le domaine religieux, mais de là à en diaboliser tout le mouvement, qui n'est autre que celui des Témoins de Jéhovah, cela devient de la paranoïa. 

L'article suivant illustre l'histoire de ce désaccord dont les limites ont dépassé l'entendement. 

Quand les « dérives anti-sectaires » entrent en collision avec les droits humains  par Willy Fautré, directeur de Human Rights Without Frontiers 

HRWF (10.04.2026)  - En ce début du mois d’avril, divers acteurs ont publiquement manifesté, en toute impunité, leur vive opposition à la liberté de culte et de réunion des Témoins de Jéhovah voulant publiquement commémorer dans diverses villes de France leur annuel “Mémorial de la mort de Jésus,” qui correspond à la fête de Pâques chez les catholiques.

Il s’agit là d’une forme d’expression publique tolérée d’une haine antireligieuse spécifique. Cela existe dans d’autres pays peu ou pas démocratiques comme au Pakistan où les Ahmadis sont victimes d’extrémistes musulmans en toute impunité mais cela ne devrait pas être toléré en France, ‘le berceau des droits de l’homme.’

La liberté de pensée et d’opinion a droit de cité en France et quiconque a le droit de ne pas aimer les religions ou certaines religions mais dans le respect des droits humains. La liberté de culte et de réunion sont deux piliers de la démocratie, et donc également de la République française laïque. 

 

Les élus de la ville du Havre

Le 2 avril, les Témoins de Jéhovah ont réservé une salle au Théâtre Le Normandy au Havre, rouvert le 28 novembre 2025 après 35 ans de fermeture.

Il s’agit de la ville du maire Edouard Philippe (2010-2017 et depuis 2020) qui fut le premier ministre du Président Macron de mai 2017 à juillet 2020 et brigue le poste de Président en 2027.

Trois élus du parti socialiste au conseil municipal ont publiquement manifesté “leur violente opposition à cette cérémonie dans un lieu ayant reçu des subventions publiques”, selon un journal de la région. Leur position est fondée selon eux sur l’opinion de la MIVILUDES, l’agence gouvernementale en charge de la lutte contre les “dérives sectaires” qui catalogue les Témoins de Jéhovah comme une communauté à risques dans ce domaine.

Parmi eux, Theo Fortin, le chef du parti socialiste de la ville, a déclaré au même journal “on serait heureux d’apprendre que c’est annulé.”

Il faut noter que le théâtre loué appartient à un organisme privé, pas à un organisme public, et a donc le droit de conclure des contrats de location sans devoir requérir l’autorisation préalable d’une autorité publique. 

Acteurs ouvertement hostiles aux Témoins de Jéhovah à Dunquerke

A Dunkerque, les Témoins de Jéhovah ont organisé leur assemblée dans le Palais des Congrès.

Charline Delporte, présidente (retraitée) des deux associations – ADFI et CAFFES –  hostiles à certains mouvements religieux, et plus particulièrement aux Témoins de Jéhovah, est vite montée au créneau. La raison de son hostilité est que sa fille avait décidé de les rejoindre il y a pas mal d’années et d’y rester malgré l’opposition de sa mère.

A son instigation, le CAFFES a rapidement contacté la Communauté urbaine de Dunkerque pour demander l’annulation de cet événement. Il soulignait que selon la convention, l’événement devait rester privé et ne faire l’objet d’aucune publicité. Et il ajoutait que l’association n’aurait pas respecté cette clause ces deux dernières années.

La demande obstinée de cette annulation de pouvoir exercer la liberté de culte et d’assemblée à Dunkerque n’a pas été suivie d’effets immédiats. Toutefois, la Communauté urbaine a annoncé qu’elle n’accorderait plus à l’avenir cette location aux Témoins de Jéhovah (Le Kursaal n’accueillera plus les Témoins de Jéhovah, Nord Eclair). Il faut toutefois noter que, comme les années précédentes, il n’y a aucune plainte d’aucune sorte à l’encontre de l’association locale des Témoins de Jéhovah à l’occasion de leur assemblée religieuse.

L’intimidation aura donc malgré tout payé à terme mais la communauté internationale ne manquera pas de s’étonner du silence des autorités françaises, de la cécité volontaire et de l’inaction des diverses autorités françaises face à de l’hostilité antireligieuse.

En 2023, le CAFFES a reçu 150 000 EUR de subventions publiques, soit 90% de son budget, dans le cadre d’un appel à projets de la MIVILUDES, pour exercer ses activités de “protecteur des consommateurs de croyances.”

Il faut noter que le CAFFES est sous surveillance de la Cour des Comptes. Des plaintes ont également été déposées concernant l’utilisation de subventions publiques mais à ce stade le CAFFES reste sous statut de présomption d’innocence.

L’objectif de la stigmatisation répétée des Témoins de Jéhovah avec l’aide de certains médias en quête de sensationnalisme est de les rendre  “indésirables” aux yeux de l’opinion publique et des décideurs politiques.

Hors de France, on ne comprend pas pourquoi la Légion d’Honneur a été attribuée (en 2011) à une personne pour son combat de plusieurs décennies contre les Témoins de Jéhovah pour des raisons familiales personnelles: le choix de sa fille (adulte) de rejoindre cette communauté religieuse contre l’avis de sa mère. 

Faire du prosélytisme ou partager sa foi?

La raison invoquée pour annoncer l’interdiction de location de salle en 2027 est d’éviter le “prosélytisme,” à savoir le droit de partager sa foi et ses idées religieuses. Ce droit est devenu sacré depuis le jugement de la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg dans l’affaire Kokkinakis c. Grèce le 25 mai 1993. Il a ensuite été très souvent confirmé dans bien d’autres jugements à Strasbourg.

Il convient de noter que la France a ‘pollué’ la signification de l’expression “faire du prosélytisme” en lui attribuant une connotation négative. En droit européen, il signifie tout simplement et de façon neutre “partager ses convictions religieuses” au même titre que partager ses convictions politiques, syndicales ou philosophiques et donc faire de nouveaux membres.

Conclusion

Des médias dans les régions du Havre et de Dunkerque, dont certains mentionnés ci-dessus, ont surtout répercuté les vives oppositions à la commémoration de l’équivalent de la fête de Pâques célébrée par les Témoins de Jéhovah mais également de fausses graves accusations. Aucun de ces médias n’a pris la peine de traiter la question du point de vue neutre de la liberté de croyance, de culte et d’assemblée.

Aucun média national ne semble être tombé dans ce genre de travers. 

mercredi 8 avril 2026

L'Envoyée spéciale de l’UE pour la liberté religieuse nouvellement nommée

Mairead McGuinness nommée Envoyée spéciale de l’UE pour la liberté religieuse : la fin d’une longue attente 

par Sarah Berger  

La nomination de Mairead McGuinness en tant que nouvelle Envoyée Spéciale de l’Union Européenne pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction (FoRB) en dehors de l’UE marque un tournant attendu dans la diplomatie européenne des droits de l’homme. Cette décision, officialisée après une vacance de plus de seize mois, met fin à une période d’incertitude qui avait suscité de vives critiques de la part des organisations de la société civile et des défenseurs des libertés fondamentales. L’arrivée de cette figure politique irlandaise de premier plan à ce poste stratégique est accueillie comme une excellente nouvelle, signalant une volonté renouvelée de Bruxelles de s’engager sur un terrain où son influence est cruciale.

 

Le parcours de Mairead McGuinness plaide en faveur de sa capacité à relever les défis complexes inhérents à cette mission. Ancienne vice-présidente du Parlement européen et commissaire européenne aux services financiers, elle dispose d’une connaissance approfondie des rouages institutionnels et d’une expérience diplomatique solide. Sa carrière, débutée dans le journalisme agricole avant de s’orienter vers la politique européenne en 2004, a été marquée par une capacité constante à construire des consensus et à naviguer dans des environnements multilatéraux exigeants. En tant que députée européenne pendant seize ans, elle a acquis une compréhension fine des enjeux géopolitiques et des tensions qui peuvent naître à l’intersection de la politique et des convictions religieuses.

[...]

L’accueil réservé à sa nomination témoigne de l’espoir qu’elle suscite. La Commission des Épiscopats de l’Union Européenne (COMECE) a rapidement exprimé ses félicitations, soulignant l’importance de ce poste pour la paix et la stabilité internationale. De même, des membres du Parlement européen, toutes tendances confondues, ont salué le choix d’une personnalité d’envergure pour occuper cette fonction. Cette unanimité souligne la reconnaissance de l’urgence à agir. La liberté de religion ou de conviction est souvent le « canari dans la mine » des droits de l’homme : lorsque ce droit est bafoué, d’autres libertés fondamentales ne tardent généralement pas à suivre. 

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