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mercredi 8 avril 2026

Évaluation de la France par l'OSCE : laïcité, sécurité et question des minorités

Évaluation de la France par l'OSCE : laïcité, sécurité et question des minorités

par Robert Johnson  

Le rapport 2026 de l'OSCE sur la France salue les efforts déployés contre l'antisémitisme, mais critique le MIVILUDES pour son manque de transparence. Les délégués soulignent qu'une laïcité stricte discrimine souvent les groupes minoritaires comme… Scientologists et les Témoins de Jéhovah. De récentes décisions de justice rendues contre cet organisme d'État mettent en lumière la tension entre la vigilance de l'État et les normes internationales relatives aux droits de l'homme concernant la liberté de religion et le droit à une procédure régulière.

 

PARIS — En juin 2025, une délégation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) est arrivée à Paris. Conduite par l’ambassadeur Evren Dağdelen Akgün, le rabbin Andrew Baker et le professeur Wolfgang Palaver, la délégation des représentants personnels de la présidence en exercice de l’OSCE a mené une mission d’évaluation de la situation de la liberté de religion ou de conviction en France. Leur rapport finalisé a été publié en mars 2026., propose une analyse détaillée d'une nation naviguant à l'intersection complexe de ses valeurs républicaines fondatrices et de ses obligations internationales en matière de droits de l'homme.

Mandat et méthodologie : dialogue et observation

Le mandat de l'OSCE dans ce domaine est spécifique. Contrairement à un organe judiciaire, l'organisation fonctionne comme un forum de sécurité et de coopération, s'appuyant sur le dialogue et l'observation pour faire respecter les engagements pris par les États participants. Les Représentants personnels pour la tolérance et la non-discrimination se concentrent spécifiquement sur la lutte contre l'antisémitisme, l'intolérance et la discrimination à l'encontre des chrétiens et des membres d'autres religions. Leur méthodologie en France a été rigoureuse, respectant un protocole conçu pour appréhender l'ensemble des réalités sociétales. La délégation a d'abord rencontré séparément des représentants de la société civile et des communautés religieuses – créant ainsi un espace propice à des témoignages authentiques – avant de s'entretenir avec les agences gouvernementales et les instances consultatives nationales.

Lire l'article 

 


mardi 5 novembre 2024

Les minorités religieuses dans l'œil des cyclones médiatiques : De BAYS à MISA

 Cet article écrit par Willy Fautré est disponible sur le site de Bitter Winter. La traduction est faite en automatique.

Le Parlement latino-américain au Panama a accueilli l'une des plus importantes réunions sur la liberté religieuse de ces derniers temps. M. Fautré a expliqué aux politiciens, diplomates et universitaires présents comment les médias coopèrent avec des procureurs partiaux pour diffuser des fausses nouvelles sur des groupes stigmatisés comme étant des "sectes". 

Introduction

Le droit à la liberté de pensée, d'opinion et d'expression est une valeur sacrée qui doit être protégée contre vents et marées dans les régimes dictatoriaux et totalitaires. Dans les pays démocratiques, la liberté des médias doit également être chérie et préservée de toute forme d'ingérence et de prise de contrôle par des partis politiques ou des puissances financières.

Dans nos démocraties, les médias et les journalistes sont censés respecter les normes éthiques inscrites dans leur charte professionnelle, à l'instar du serment d'Hippocrate pour les médecins. Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas, en particulier lorsqu'ils traitent de questions liées aux minorités religieuses dont les doctrines, les pensées non conventionnelles et les pratiques de vie s'écartent de la pensée, de l'état d'esprit et des comportements dominants. Dans de tels cas, la tentation du sensationnalisme prévaut souvent, généralement pour de simples raisons commerciales. Les boucs émissaires habituels sont les Témoins de Jéhovah, l'Église de Scientologie, toutes sortes d'églises chrétiennes minoritaires, Hare Krishna ou des groupes de yoga ancrés dans des philosophies culturelles "étrangères". Ils sont qualifiés de "sectes", terme qui a de facto une connotation négative.

La terminologie utilisée par les médias est un problème en soi

Les Nations unies, la Cour européenne des droits de l'homme et d'autres organisations internationales utilisent des terminologies neutres pour nommer toute communauté religieuse ou de croyance dans leurs déclarations, rapports ou décisions judiciaires. Les médias et les autres acteurs de l'information et de la communication en Europe ne suivent pas cette norme et cette pratique éthiques, mais optent pour une dénomination discriminatoire et désobligeante de ces groupes parce qu'elle est plus vendeuse, la plupart du temps sans risque de poursuites.
La catégorisation de certains groupes religieux, spirituels ou de croyance en tant que "sectes", qualifiées en outre de dangereuses, nuisibles ou totalitaires, est avant tout le fait d'anciens membres mécontents de ces mouvements qui veulent se venger.

Quels sont les mécanismes qui génèrent la stigmatisation, l'hostilité et l'intolérance ?

Un certain nombre de grands médias et d'agences de presse, qui manquent de culture et d'expertise religieuses, reproduisent souvent des déclarations unilatérales d'anciens membres sans enquêter et vérifier si elles ne sont pas biaisées et s'il ne s'agit pas de fausses accusations, de "fake news" ou de mensonges grossiers.
Elles contribuent ainsi à un climat de suspicion, d'intolérance, d'hostilité et de discrimination qui peut avoir des conséquences dramatiques dans la vie personnelle et professionnelle des membres des minorités religieuses ou de conviction et de leurs enfants à l'école.

Le rôle irresponsable de certains médias peut inciter à des discours de haine, à des crimes de haine, à des actes de violence contre des croyants pacifiques ou contre des édifices religieux ou communautaires, voire à des homicides.
Les acteurs des médias qui manquent de vigilance ou qui sont mus par l'argument que les histoires sensationnelles se vendent bien ont leur part de responsabilité dans la stigmatisation et la diabolisation de certains groupes religieux ou de croyance et de leurs membres.

Les accusations infondées amplifiées par les médias n'influencent pas seulement l'opinion publique et renforcent les stéréotypes. Elles façonnent également les idées des décideurs politiques qui, dans un nombre croissant de démocraties occidentales, prennent des mesures discriminatoires restrictives spécifiques, stigmatisant et diabolisant davantage certaines minorités religieuses ou de conviction.

Notre organisation, Droits de l'homme sans frontières, a travaillé dur pour démystifier les fake news et les accusations infondées, en enquêtant sur des cas concrets avec l'aide de chercheurs en sciences religieuses et d'avocats, en publiant des décisions de justice rétablissant la vérité, et surtout en partageant systématiquement les résultats de ses recherches avec des journalistes et des membres du Parlement. L'un de ces cas, parmi d'autres en Europe et en Amérique, que nous avons couvert concerne l'école de yoga de Buenos Aires en Argentine au cours des deux dernières années.

Quel est le cas de l'école de yoga de Buenos Aires (BAYS) en Argentine ?

Le 12 août 2022, dans la soirée, des policiers du SWAT entièrement armés ont forcé la porte d'entrée d'un café situé au rez-de-chaussée d'un immeuble de dix étages dans un quartier de classe moyenne de Buenos Aires, où une soixantaine de personnes âgées d'une soixantaine d'années assistaient à un cours de philosophie dans le calme.

Ils sont entrés de force dans le bâtiment qui était le siège de l'école de yoga de Buenos Aires et qui comprenait 25 appartements privés et les bureaux professionnels d'un certain nombre de ses membres. Ils sont montés dans tous les locaux et, sans frapper ni sonner, ils ont violemment ouvert toutes les portes par la force, les endommageant gravement. Certains résidents qui couraient après eux ont essayé de leur donner les clés pour qu'ils puissent entrer sans détruire les entrées, mais leur offre pacifique a été ignorée.

La police voulait filmer toutes les parties de l'opération qui étaient "utiles" pour justifier la répression ordonnée par les procureurs d'une agence d'État appelée PROTEX, qui s'occupe de la traite des êtres humains, de l'exploitation du travail et de l'exploitation sexuelle.

Des scènes similaires se sont déroulées à Buenos Aires pendant toute la nuit, dans d'autres appartements privés d'étudiants de BAYS, pour un total de 51 descentes. Dans l'un de ces appartements, un homme a été violemment battu par la police sans raison (il s'est avéré plus tard qu'ils l'avaient confondu avec quelqu'un d'autre). En tout, vingt personnes ont été arrêtées.

L'opération avait "mystérieusement" été divulguée aux médias et le lendemain matin, ils étaient tous remplis d'images et de vidéos commentées de manière partiale par les procureurs.
Depuis lors, l'école de yoga de Buenos Aires (BAYS) a été clouée au pilori par les médias argentins. Plus de 400 nouvelles et articles ont décrit l'école comme une "secte de l'horreur" qui aurait géré un réseau international de prostitution pendant trente ans.

Dix-sept prévenus, dont le plus âgé avait 84 ans, ont été publiquement accusés et poursuivis pour des délits d'association de malfaiteurs, de traite d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle et de blanchiment d'argent, mais toutes les femmes interrogées ont nié avoir été victimes d'abus sexuels ou s'être prostituées. Quelques mois plus tard, une cour d'appel a déclaré la nullité de l'instruction de l'affaire et l'a renvoyée au premier juge (qui semble s'entêter à la poursuivre). Entre-temps, la vie privée et professionnelle ainsi que la situation financière des accusés et des "victimes" présumées ont été totalement détruites.

Nous travaillons actuellement sur un cas présentant des caractéristiques similaires concernant l'école de yoga MISA en France, qui est également ancrée dans des philosophies "exotiques".

Le cas des praticiens roumains du yoga en France

Le 28 novembre 2023, juste après 6 heures du matin, une équipe SWAT d'environ 175 policiers portant des masques noirs, des casques et des gilets pare-balles, est descendue simultanément dans huit maisons et appartements distincts à Paris et en région parisienne, mais aussi à Nice (sud de la France), principalement utilisés par de paisibles pratiquants roumains de yoga. Ils brandissaient des fusils semi-automatiques, criaient, faisaient des bruits très forts, enfonçaient les portes et mettaient tout sens dessus dessous.

Le premier objectif de l'opération était d'arrêter les personnes impliquées dans des activités présumées de "traite des êtres humains", de "séquestration" et d'"abus de vulnérabilité" en "bande organisée". Le second objectif était de "sauver" les victimes de ces activités illégales.

Les forces spéciales d'intervention massive de la police s'attendaient à trouver des criminels et des victimes, de pauvres jeunes femmes roumaines exploitées comme prostituées ou sur le point d'être violées et leurs soi-disant "agresseurs", mais aucune d'entre elles n'était victime d'exploitation sexuelle ou ne pratiquait la prostitution (qui, soit dit en passant, n'est pas illégale en France).

Une cinquantaine de praticiens roumains du yoga liés à l'école de yoga MISA en Roumanie ont été emmenés dans des postes de police où ils ont été détenus pendant deux jours et deux nuits, ou plus dans certains cas, pour des interrogatoires biaisés. En tout état de cause, ils ont été de véritables victimes de l'intervention de la police, puisqu'ils ont été détenus dans des conditions inhumaines et humiliantes et sans l'assistance appropriée d'interprètes et d'avocats. Ils s'étaient simplement trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. À ce stade, l'affaire est toujours en cours d'instruction par le procureur, mais entre-temps, des dizaines d'articles sensationnels diabolisant l'école de yoga MISA et ses dirigeants ont été publiés par les médias en France et à l'étranger, y compris, malheureusement, par ceux qui jouissent de la meilleure réputation.

Conclusion

En conclusion, Droits de l'homme sans frontières souhaite
•    rappeler aux médias et aux journalistes qu'ils doivent respecter les normes éthiques internationalement reconnues lorsqu'ils traitent de questions religieuses, et
•    encourager l'organisation d'ateliers professionnels pour les journalistes et les professionnels des médias sur la manière de couvrir les questions liées aux minorités religieuses, sans inciter à la suspicion et à l'hostilité illégitimes.

vendredi 26 janvier 2018

Convention internationale de la Fédération Européenne pour la Liberté de Croyance (FOB)

La convention internationale de la Fédération Européenne pour la Liberté de Croyance (FOB) a eu lieu les 18 et 19 janvier derniers, sous les auspices du Secrétaire Général du Conseil de l'Europe (Dr. Thorbjørn Jagland), du patronage du Conseil Régional de la Toscane, de l'Assemblée Parlementaire de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) et de l’Université de Florence.

La Convention s'est tenue dans le cadre prestigieux de l'Auditorium Sant'Apollonia du monastère éponyme du XIVème siècle situé dans la Via San Gallo, dans le centre historique de Florence.

Pendant les deux jours de la convention, un certain nombre de questions importantes ont été soulevées et notamment: la sociologie des religions (avec le point de vue à la fois de la liberté religieuse et de la nouvelle géographie des minorités religieuses), le droit ecclésiastique et les aspects juridiques des confessions religieuses, les obstacles idéologiques et juridiques au droit à la liberté de croyance en Europe (parmi lesquels l'État laïc, la dérive de l'anti-sectarisme, la propagande alarmiste contre les nouveaux mouvements religieux et les tentatives qui en résultent d'établir le crime controversé de "manipulation mentale").

La session animée par le professeur Introvigne et intitulée « Obstacles idéologiques et juridiques au droit à la liberté de croyance en Europe » s'est concentrée sur ces derniers thèmes : la lumière a été braquée sur une initiative législative douteuse comme la loi française About-Picard qui a pénalisé de façon totalement injuste un grand nombre de groupes religieux, le manque de neutralité de l'Etat français sur ces questions et la très controversée FECRIS (Fédération Européenne des Centres de Recherche et d'Information sur le Sectarisme), une ONG (abréviation qui signifie littéralement organisation non gouvernementale) qui, semble toutefois trahir sa propre qualification puisqu'elle est financée par le gouvernement français, comme la FOB l’a dénoncé à de nombreuses reprises.

lundi 23 octobre 2017

Les mouvements minoritaires religieux et spirituels visés en Russie



Les guerres de religions existent depuis des siècles, comme celles contre les protestants, les bouddhistes tibétains, les musulmans, les chrétiens, etc. Les conversions forcées ont traversé les pays lors des croisades, de l’Inquisition, des actions anti-juives d’Europe de l’Est, ou encore des conquêtes musulmanes.

Qu’en est-il de nos jours ?


Une initiative multipartite du Conseil de l’Europe : Des parlementaires de 14 pays demandent au gouvernement russe de mettre un terme aux violations de la liberté de religion à l’encontre des minorités de conviction.

 
Ce vendredi 13 octobre, 28 parlementaires de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, issus de 14 pays européens et membres des 4 principaux groupes politiques de l’Assemblée, ont signé une déclaration écrite publiée sur le site du Conseil de l’Europe, demandant respectueusement au gouvernement russe « d’intervenir pour mettre un terme à ces violations du droit à la liberté de religion et de 
conviction des membres de minorités religieuses en Russie. »

On peut lire dans la déclaration : « Des mouvements évangélistes, luthériens, baptistes, pentecôtistes, méthodistes, presbytériens, musulmans, hindous, bouddhistes et scientologues, ainsi que d’autres, ont été visés. Certains de leurs membres ont été soumis à une mesure de détention provisoire, sur la base de la loi de 2002 relative à l’extrémisme, alors qu’en réalité ils sont détenus simplement pour leurs activités et convictions religieuses pacifiques. »
 

[…]

« Le jour où nous pourrons tous avoir confiance les uns dans les autres, la paix régnera sur terre. » Ron Hubbard, extrait du livre Une nouvelle optique sur la vie