lundi 23 septembre 2013

La laïcité perçue en France et en Allemagne

L'article suivant intitulé - Allemagne : « Le terme "laïcité" divise plus qu'il ne rassemble » - permet à tout un chacun de s'exprimer. Débat intéressant. 

En voici un extrait :  "La liste d’Angela Merkel est arrivée en tête des élections législatives. Quelques jours avant cette échéance électorale, Tom a pris ses quartiers à Berlin. Il a pris le pouls d’un sujet sensible à l’occasion d’un débat organisé par l’Office franco-allemand de la jeunesse. Sujet : la laïcité à la française.

« Laïcité », un concept à manier prudemment en France. A chacune de ses sorties, il suscite la controverse. Dernier exemple en date : Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, a présenté la charte de la laïcité le 9 septembre dernier. Autre exemple récent : en août dernier, le Haut Conseil de l’Intégration (HCI) a préconisé l’interdiction du voile à l’université.
Si la laïcité semble mettre d’accord la majeure partie de la population française, elle paraît beaucoup moins populaire chez nos voisins allemands. Dans ce débat organisé par l’OFAJ, quatre Français font face à trois Allemands. Les premiers défendent les valeurs de la laïcité qu’ils considèrent comme un principe « rassembleur », tandis que les seconds trouvent ce terme hypocrite et discriminatoire. En effet, le concept de laïcité en Allemagne est mis de côté dès le préambule de la Constitution de 1949 qui débute par l’affirmation « conscient de sa responsabilité devant Dieu et les hommes ». D’autres exemples peuvent être cités comme le fait de demander la croyance des individus sur certains documents administratifs, ou encore l’existence d’un impôt sur la religion dans le pays d’Angela Merkel… [...]

D’après Annika, allemande, la laïcité vise à instaurer un semblant de tolérance en France. « Si on la met en pratique, c’est qu’on a peur que nos concitoyens portent un jugement sur une personne différente. Or, on n’a pas à se cacher de quoi que ce soit ! Il faut assumer notre identité ! » Annika poursuit en agitant ses mains, de manière à ce que les Français ne lui coupent pas la parole. « Et puis le fait que ma voisine porte un voile ne me contraint à rien ! »
Raphaël, lui, considère que la laïcité en France a été créée afin de faire cohabiter les différentes religions. « En France, on évite que telle ou telle personne soit discriminée à cause de sa religion. C’est pour ça qu’elle est posée dans la sphère publique. On interdit tout signe ostentatoire d’appartenance religieuse comme à l’école. Mais dans la sphère privée, les gens sont libres de pratiquer leur religion ». Ainsi, d’après cette logique, certains incidents auraient pu être évités, comme l’agression de plusieurs femmes voilées à Argenteuil.
Les Allemands réagissent vivement à cet argument. « C’est hypocrite de dire que nous sommes tous pareils alors qu’il existe des différences ! A la cantine, quand on voit que notre voisin ne mange pas de porc, on connaît sa religion ! C’est aussi criant qu’un voile ». D’ailleurs, pour les Allemands, la laïcité est un concept adapté de la vision chrétienne. « On peut cacher une croix sous son t-shirt… Alors qu’on ne peut pas dissimuler son voile ou son turban ». Pour Mina, les Allemands possèdent une vision trop péjorative de la laïcité en France. « Ce n’est pas parce qu’on est dans un état laïc qu’on ne possède pas d’ouverture d’esprit. Par exemple, dans nos écoles, on propose aux enfants musulmans des repas sans porc » (sic). [...] "


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Comment appliquer une "attitude" universelle à ce problème ? 
Il y a un précepte "Respectez les croyances religieuses d'autrui", on peut lire : 
"... La tolérance, en matière de religion, ne veut pas dire qu’on ne peut pas exprimer ses propres croyances. Cela veut dire par contre que chercher à amoindrir ou à attaquer la foi ou les croyances d’un autre a invariablement été un chemin rapide vers les ennuis."





mercredi 18 septembre 2013

10e Sommet international des Jeunes pour les Droits de l'Homme : campagne d'éducation



Bruxelles – Pour la deuxième année consécutive, Youth for Human Rights International a organisé son Sommet des droits de l’Homme les 6 et 7 septembre 2013 à l'Auditorium international de Bruxelles. Des jeunes délégués de plus de 30 pays ont participé à ces journées, ainsi que des représentants de l'ONU et différents défenseurs des droits de l'homme.
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Le but de Youth for Human Rights International est d'enseigner les droits de l’Homme aux jeunes, en particulier la Déclaration universelle des droits de l'Homme des Nations Unies, pour les inciter à devenir des défenseurs de la tolérance et de la paix. Cette manifestation était organisée avec le parrainage de Jongeren voor Mensenrechten Belgique, l’ONG Village Suisse, l’ONG AJC Bomoko, La Voix des Faibles ASBL, Grains de Sable ASBL, le Département des droits de l'Homme de l'Église de Scientologie Internationale et Des Jeunes pour les droits de l'Homme Genève.

Pendant deux jours, les jeunes délégués ont partagé leurs expériences et présenté leurs actions d’éducation aux droits de l’Homme dans leurs pays : art, spectacles, réalisation de films, présentations dans les écoles, ateliers dans les communautés, marches internationales pour les droits de l’Homme, etc. D'éminents orateurs étaient venus du Cameroun, de la République Démocratique du Congo, du Danemark, de France, du Mexique, des Pays-Bas, du Népal, du Nigéria, de Mongolie, d’Afrique du Sud, du Sri Lanka, de Suisse, de Taïwan et des États- Unis d'Amérique.

La survie de l'humanité et la justice mondiale en dépendent

Mary Shuttleworth, fondatrice et présidente de Youth for Human Rights International (YHRI), a accueilli les invités d'honneur. Son Excellence, le Professeur Bertrand G. Ramcharan, ancien Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’Homme de 2003 à 2004, a souligné l'importance de l'éducation aux droits de l'Homme.  « Notre monde est un monde en proie à de nombreux problèmes et défis et, rien que par la poursuite de stratégies de défense des droits de l’Homme par la gouvernance aux niveaux national, régional et international, nous pouvons espérer réussir à résoudre ces problèmes », a-t-il déclaré. «  En enseignant à chaque enfant, chaque personne, les droits de l’Homme, on peut espérer qu'à leur tour, ils pourraient inciter leurs gouvernements à poursuivre ces stratégies de droit humain. La survie de l'humanité et la justice mondiale en dépendent. »

Son Excellence M. Enzo di Taranto, ancien coordonnateur du Programme international des droits de l’Homme de l'ONU, Action 2, a inauguré, en première mondiale, l'exposition de photos de célébrités de premier plan à Haïti, dans le cadre d'une campagne caritative mondiale.

Son Excellence, l’Ambassadeur Irénéo Omositson Namboka, ancien Conseiller en éducation et en protection des droits de l’Homme, ancien diplomate du gouvernement ougandais, de 1974 à 1987, a déclaré : « Youth for Human Rights International prend une place légitime comme entité de la société civile, inégalée dans le monde, pour la promotion de l’éducation aux droits de l’Homme, de la paix et de la fraternité universelle. »

Un message spécial du président de la République de Chine (Taïwan), M. Ma Ying-Jiou, a été lu par Mme Simone Hsu : « C'est mon espoir sincère que cet événement important nous permette de faire progresser le développement des droits de l'homme à travers le monde, de promouvoir l'éducation sur la primauté du droit au sein de la jeune génération, et de renforcer les mécanismes de protection des droits de l'Homme. Ce faisant, nous pouvons ensemble contribuer au respect de la dignité humaine et des valeurs. »

Le Professeur Claus Haagen Jensen, professeur de droit public et ancien Président du conseil d'administration de l'Institut danois pour les droits de l'Homme, a animé la session plénière extraordinaire sur le thème « Comment pouvons-nous donner de la puissance aux futurs dirigeants grâce à l'éducation aux droits de l'Homme ? » Il a déclaré : « Cette initiative fondamentale concernant les droits de l’Homme est unique en son genre. Je ne connais aucune autre activité dans le monde qui ait autant de portée que celle d’YHRI ».

Quand on est bien familiarisé avec ces droits, alors la meilleure chose à faire est de les apprendre aux autres

Les intervenants ont donné des exemples de violations des droits humains pour illustrer la nécessité urgente de développer l'éducation aux droits de l'Homme. Ils ont souligné l'importance des initiatives dans ce domaine et des projets présentés par les jeunes délégués.

M. Bashy Quraishy, Secrétaire général d’Initiative musulmane européenne pour la cohésion sociale (EMISCO) a expliqué : « Je dois dire que je suis très jaloux de ces gens dévoués et je souhaiterais être aussi focalisé, déterminé et obstiné qu'eux dans mes idées et mes actions. Je souhaite également que de plus en plus de jeunes gens dans ce monde s'impliquent pour les droits de l'Homme, en commençant par être eux-mêmes conscients de l'importance des droits de l'Homme, puis en connaissant ces droits et en les faisant respecter à tout moment. Quand on est bien familiarisé avec ces droits, alors la meilleure chose à faire est de les apprendre aux autres. »

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Le « Prix des Héros » des droits de l’Homme a récompensé quatre équipes pour leur contribution exceptionnelle à l'éducation aux droits de l'Homme dans leurs pays respectifs :

Nicole Crellin a reçu le prix au nom de l'équipe YHR-Canada. Ses membres ont recueilli de milliers de signatures pour une pétition demandant à ce que l’on enseigne les droits de l'homme dans les écoles ; ils ont distribué plus de 34 000 livrets d’information et ont organisé 158 manifestations qui ont touché plus de 33 000 personnes.

L’équipe de YHR-Costa Rica, conduite par Camilo Guzmán, a été récompensée pour avoir organisé de nombreux ateliers, conférences et manifestations. Ils ont également distribué près de 5 000 livrets et 10 600 prospectus, et ont obtenu environ 3 500 signatures pour promouvoir l'éducation aux droits de l'Homme dans les écoles.

Youth for Human Rights Danemark est reconnue comme association humanitaire à but non lucratif par l'administration danoise. L’ambassadeur des jeunes, Nina Christensen Fay, et la déléguée, Layal Sarhan, ont reçu le prix au nom de leur équipe. Pendant 5 ans, ils ont ainsi collaboré avec la ville de Copenhague au festival « Taste the World » et ont pu sensibiliser des milliers de gens.  Lors de la Journée internationale de la j99eunesse, le 10 août 2013, ils ont installé une pétition de 6 mètres de long dans une célèbre rue piétonne de Copenhague et ont recueilli des signatures de soutien pour intégrer l’éducation aux droits de l’Homme à la législation danoise.

Enfin, Andrew Chalmers et Samarendra Patra, ont reçu le prix au nom de l'équipe YHR-Inde, qui a  sensibilisé plus de 100 000 personnes aux droits de l’Homme au cours de manifestations et de marches pour les droits de l’Homme. Grâce à leurs activités, plus de 100 millions de personnes ont été sensibilisées aux droits de l'Homme par la télévision, la radio et la presse écrite.

La séance de clôture du Sommet international des droits de l’Homme 2013 s’est tenue le dimanche 8 septembre, lors d'une conférence interreligieuse pour la paix. au grand auditorium des Églises de Scientologie pour l’Europe à Bruxelles. Mary Shuttleworth, présidente de YHRI, a remercié les participants : « Merci encore d’avoir fait autant de kilomètres, d’avoir surmonté des obstacles difficiles pour suivre nos rêves communs de construction d’un monde meilleur inspiré par l'éducation aux droits de l'Homme», et leur a donné rendez-vous en 2014 pour le prochain Sommet.

jeudi 12 septembre 2013

Jean Delumeau vous parle de la laïcité

En France, la religion devient le bouc émissaire de ceux qui prônent la laïcité, mais de quelle laïcité parle-t-on ? si les citoyens connaissaient leurs droits et leurs devoirs, comme l'enseignent les membres de l'association des jeunes pour les Droits de l'Homme, nous n'en serions pas là à subir les incivilités ou encore les images de guerre utilisant la religion comme prétexte. 

Jean Delumeau, historien français spécialiste du christianisme et éminent représentant de l'histoire des mentalités vous parle de cette laïcité très mal comprise et utilisée à des fins personnelles.
    
     "En France, désormais, tolérance et laïcité sont liées.

    Le mot « laïcité » a revêtu, lui aussi, au début du XXe siècle, une signification polémique. Né à la fin du XIXe siècle, il a d’abord exprimé une volonté de combattre la religion en excluant l’Église catholique de l’exercice de tout pouvoir politique ou administratif et, en particulier, de l’organisation de l’enseignement. 
    L’aboutissement de cet affrontement fut la séparation des Églises et de l’État en 1905. Aujourd’hui, le laïcisme est mort ou moribond, mais la laïcité garde toute sa valeur, et la majorité des citoyens, croyants ou non, des États démocratiques en ont adopté la philosophie.
    Laïcité signifie, certes, que la religion ne doit pas chercher à contrôler l’État et que le choix d’une religion ou d’une non-religion est libre, mais aussi que l’État doit permettre aux religions de poursuivre leurs activités et ne doit pas les brimer.
    Elle est le contraire de l’irréligion de l’ex-Union soviétique et de la Chine communiste. La laïcité permet donc la liberté de croyance et le « vivre ensemble ». Elle fait en sorte qu’autrui est accepté dans sa différence."

Jean Delumeau, Des Religions et des Hommes - Desclée de Brouwer, 1997